Fièvre catarrhale : Pourquoi tant d'acharnement ?

Publié le par Confédération Paysanne du Cantal

Aujourd'hui, 21 avril 2011, a lieu le premier procès en cour d'appel d'éleveurs n'ayant pas vacciné leurs animaux contre la Fièvre catarrhale ovine (FCO) en 2008-09, à Riom dans le Puy de Dôme.

Une quarantaine de personnes (Cantal, Puy de Dôme et Allier) étaient présentes devant la cour d'appel de Riom pour soutenir les 13 éleveurs convoqués. L'audience, très intéressante, a duré plus de 2h. Les éleveurs, l'ex-DSV, l'avocat général et l'avocate de certains éleveurs ont pu longuement s'exprimer. Le juge a posé de nombreuses et pertinentes questions.
Le délibéré sera rendu le 16 juin.

Ils sont plusieurs centaines en France à avoir fait ce choix, le choix de la liberté vaccinale, pour de nombreuses raisons (immunité naturelle, accidents vaccinaux, maladie non contagieuse ni transmissible à l'homme, etc., voir tract argumentaire ci-joint). Mais ce vaccin était obligatoire, et l'Etat n'entend visiblement pas laisser impunis les réfractaires. Ce sont ainsi plus de 250 éleveurs en France qui sont passés au tribunal lors de plus de 40 procès dans 22 départements, dont plus de 110 éleveurs dans le Cantal lors de 6 procès successifs, soit plus d'un tiers de l'effectif total français !! Les cantalous sont-ils plus réfractaires qu'ailleurs ? Non, le Cantal serait même parmi les départements qui ont enregistré les plus forts taux de vaccination, la campagne de propagande pro-vaccinale ayant exercé une pression certaine dans les campagnes.

Alors pourquoi cet acharnement sur ces éleveurs qui ne font courir de risque à personne sinon peut-être à eux-mêmes ?

Et pourquoi cet acharnement particulier dans le Cantal ?

Quid de l'égalité de traitement des citoyens devant la justice ?

Et pourquoi un tel gaspillage d'argent public pour un problème qui n'en est pas un ? Et qui plus est dans un contexte d'engorgement croissant des tribunaux et de restrictions budgétaires...



Tous les éleveurs du Cantal ont jusqu'à présent été relaxés, y compris ceux du procès du 7 février 2011. Mais pour tous, le Parquet a fait appel de la décision de justice.

Pourtant, dans d'autres départements, la justice a tranché : En Indre et Loire, le ministère public a renoncé aux poursuites et abandonné la procédure. A Limoges, le juge a en quelque sorte reconnu la validité des demandes de dérogations qui avaient été faites par les éleveurs (en annulant le refus de dérogation). En Indre et dans la Vienne, le jugement a déclaré l'arrêté du 1er avril illégal au motif que la FCO n'est pas contagieuse.



Le Collectif Cantal pour la liberté vaccinale, à l'instar des autres collectifs de France, demande à nouveau aux pouvoirs publics de s'engager sur cinq points essentiels :

Abandon des poursuitesengagées contre les éleveurs pour les campagnes passées, le comité de suivi reconnaissant implicitement que la FCO est avant tout un problème d’export ;

Déclassement de la FCOde la liste des maladies réputées contagieuses en France ;

Reconnaissance et mise en place de réels programmes de recherche sur l'immunité naturelleet les protocoles « alternatifs » préventifs et curatifs ;

Arrêt de l'obligation de désinsectisation (à nouveau obligatoire depuis le 17 janvier 2011...) qui empoisonne l’environnement et les abeilles ;

Indemnisation par l’Etat des dégâts sur les troupeauxoccasionnés par la vaccination obligatoire et reconnaissance par l’Etat de sa responsabilité concernant les dommages considérables occasionnés chez différents éleveurs soumis à la vaccination obligatoire FCO.

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