IDENTIFICATION ELECTRONIQUE: lettre ouverte au préfet du Cantal
Lettre ouverte
Aurillac, le 09/09/2010
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| Confédération Paysanne du Cantal 7, place de la Paix 15000 AURILLAC confpay15@wanadoo.fr | Monsieur le Préfet du Cantal Cours Monthyon BP 529 15005 AURILLAC Cedex | |
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Objet: identification électronique des animaux
Monsieur le Préfet,
Face à la nouvelle obligation d'identifier électroniquement les cheptels, plusieurs agriculteurs du département se désolent d'être contraints d'appliquer encore une règle de plus.
Cette nouvelle loi amène les agriculteurs à se poser beaucoup de questions et c'est pour cela que nous souhaitons vous en faire part.
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Est-ce que le bouclage actuel dit « classique » est défectueux, au point d'être obligé d'en avoir un autre plus sophistiqué? Est-ce vraiment utile en terme de traçabilité? Pourquoi vouloir imposer un outil de travail aux éleveurs?
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Les abattoirs vont-ils être obligés de s'équiper d'un système électronique? Vont-ils tous avoir les moyens de le faire? Cette nouvelle contrainte ne va t-elle pas entraîner la disparition des petits abattoirs?
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Lorsqu'on connaît les difficultés que traversent les producteurs de lait, de viande, etc... ne pensez-vous pas que ce surcoût du bouclage électronique est mal venu? Il y a des aides jusqu'en 2013, mais après? Y aura t-il assez de subventions pour tout le monde? Quel est l'intérêt de reboucler tout le cheptel avec des boucles électroniques?
Aujourd'hui toute la traçabilité des animaux et des denrées alimentaires est contrôlée par les services de la DDCSPP, de l'abattage jusque dans l'assiette du consommateur, au travers de la prophylaxie obligatoire et du suivi vétérinaire, des normes obligatoires sur les équipements frigorifiques, la chaîne du froid, ou encore les équipements locaux de fromageries. Toute la production fermière est encadrée, contrôlée et identifiée.
C'est pourquoi les agriculteurs ne comprennent pas en quoi l'identification électronique est nécessaire et obligatoire, puisque le système de contrôle et de traçabilité fonctionne parfaitement. Vous n'êtes pas sans savoir, Monsieur le Préfet, qu'en terme de traçabilité des améliorations substantielles seraient plutôt nécessaires en ce qui concerne les viandes importées (mouton de Nouvelle Zélande).
Les producteurs sont accablés par cette logique industrielle, qui est très coûteuse et qui n'est plus tenable. Ni pour l'homme, ni pour l'environnement, ni pour l'animal.
Les éleveurs sont de plus en plus nombreux à vouloir produire de la qualité. Celle-ci s'exprime par la maîtrise sanitaire, la connaissance, l'expérience du métier et le savoir-faire. Tous ces professionnels veulent aller encore plus loin, en incluant dans leur pratique la maîtrise du respect de l'environnement. Ces éleveurs s'inquiètent sur ces nouveaux déchets que vont générer les systèmes électroniques.
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Quelles sont les modalités prévues pour ces déchets? Où sont les études d'impact sur l'environnement?
Toutes ces questions sont sans réponse.
C'est pourquoi les éleveurs demandent que l'identification électronique ne soit pas obligatoire, mais qu'elle soit FACULTATIVE, et donc que soit laissé le libre choix aux éleveurs d'identifier de façon classique ou électronique.
Cette liberté permettra aux agriculteurs d'être davantage responsables dans leurs pratiques. Ils veulent être fiers de leur terroir, ils veulent agir en citoyens responsables, ils veulent agir en pleine conscience.
Cela ne remet pas en cause l'obligation d'identification de leur troupeau.
C'est pour ces raisons, Monsieur le Préfet, que nous vous demandons de bien vouloir examiner notre demande. Nous vous remercions par avance de tout l'intérêt que vous porterez à notre requête.
Dans l'attente d'une réponse favorable, veuillez recevoir, Monsieur le Préfet, nos salutations distinguées.
Michel Lacoste, porte-parole de la Confédération Paysanne du Cantal.