Confédération Paysanne du Cantal
syndicat pour une agriculture
paysanne
et la défense de ses travailleurs
Le prix conclu dans le bureau du Ministre par l’interprofession hier est un prix moyen de 280 €/T pour l’année 2009, au mieux ; le prix au 1er trimestre était de 330 €.
Un tel prix, c'est demander aux producteurs de lait de travailler pour perdre de l'argent pendant 1 an !
La FNPL a une lourde responsabilité dans la situation actuelle et ses représentants locaux n'ont pas le droit de faire croire aux producteurs qu'ils sont en désaccord alors qu'ils siègent à l'interprofession nationale, le CNIEL, qui n'y admet aucun autre syndicat.
Non, cet accord n'est pas « mieux que rien » : il va faire perdre de l'argent aux producteurs pendant 1 an, et leur enlève toute capacité de rapport de force local avec les laiteries... Mais qui se sent représenté par cette organisation ?
On profite de la crise pour amener la contractualisation privée entre producteurs et transformateur et ainsi anticiper la fin des quotas. Comment vouloir que les politiques s'attachent à défendre une maîtrise de la production alors que le syndicalisme majoritaire l'enterre déjà ?
Aujourd'hui, ceux qui ont signé cet accord ont signé la fin des quotas, c'est à dire la fin des producteurs de lait, du Cantal et d'ailleurs.
Et ce ne sont pas les 30 millions d'euros annoncés par le Ministre qui régleront le problème ! Tout d'abord, il faudrait aller chercher l'argent là où il se trouve : chez les distributeurs qui profitent des hausses de prix au producteur pour augmenter leurs prix mais qui les baissent rarement lorsque les prix à la production d'effondrent. Et non pas auprès des consommateurs-contribuables qui payent déjà cher la PAC et les produits laitiers. Mais surtout, on ose laisser courir le marché et en essuyer les plâtres aux frais des contribuables alors que la régulation du marché serait bien moins coûteuse et permettrait d'obtenir des prix stables sur le long terme.
Les producteurs veulent vivre du prix de leur production, pas des primes ! Pour cela, ils ont besoin de perspectives à long terme, c'est à dire d'un marché régulé, d'une production maîtrisée et d'une meilleure répartition des volumes de production. Ce sont aux politiques de l'exiger !
Aurillac, le 4 juin 2009
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