Il y a encore quelque temps nous étions les seul à exiger une maîtrise de la production au niveau européen, mais aujourd’hui devant l’ampleur de la catastrophe (dans la plupart des pays de l’Union
les paysans vendent leur lait à perte) beaucoup changent d’avis : - La plupart des syndicats français nous ont rejoint sur ce sujet, - le Ministre de l’Agriculture annonce devant l’Assemblée
Générale de la FNPL1 le gel des 1%2 et le gel des prêt de quotas pour la campagne 2009- 2010, - le dernier Conseil des Ministres de l’agriculture européen a largement revu la décision de supprimer
les quotas laitier. Preuve en est de la pertinence de nos propositions. Le marché laitier européen est saturé à cause des décisions prises par l’Union Européenne. La production doit baisser. Le
désastre peut être évité à condition de changer l’orientation actuelle : le cadre néolibéral est périmé, celui de la souveraineté alimentaire s’impose. Il faut adapter l’offre à la demande, c’était
l’objet de notre manifestation à la DRAF courant février. Produire moins pour gagner plus En effet, depuis quelques années notre quota a été augmenté d’environ 4% soit pour un quota moyen de 150
000 litres par exploitation cantalienne, une augmentation de 6 000 litres. Mais cette augmentation généralisée à toute la France a entraîné une surproduction et donc une baisse du prix du litre de
lait payé au producteur d’environ 0,05 € /L de lait. 150 000 litres X 0.33 = 49 500 € 156 000 litres X 0.28 = 43 680 €, soit une baisse de 6 000 € de revenu ! Nous ne voulons pas produire plus pour
gagner moins. Chaque producteur doit bien être conscient de cela. C'est de la responsabilité des politiques notamment du Ministre de l’agriculture de faire en sorte que les producteurs de lait
puissent vivre dignement de leur métier. La Confédération Paysanne, forte de ces avancées, continuera à militer pour l’intérêt de tous les producteurs de lait. Aurillac, le 25 mars 2009 NB : le
COMMUNIQUE DE PRESSE de la coordination européenne de Via Campesina Bruxelles, 23 mars 2009 Politique laitière de l’Union Européenne : Nous ne voulons pas produire plus pour gagner moins
Pour éviter un désastre social et territorial, il faut baisser le quota européen tout en répartissant mieux la production, stopper les aides à l’exportation, et valoriser les modes de production
plus autonomes. « Nous ne paierons pas pour votre crise » Aujourd’hui, à cause des décisions prises par l’UE depuis 2003, le marché laitier européen est saturé. Les producteurs vendent
leur lait en-dessous des coûts de production et les plus fragiles vont disparaître si l’UE ne réoriente pas sa politique. La réinstauration des aides à l’exportation renforce un dumping
inadmissible qui n’a jamais cessé[1] vis-à -vis des pays tiers. Alors que le quota européen était déjà excédentaire, l’UE n’a rien trouvé de mieux que de l’augmenter encore, faisant miroiter un
marché mondial florissant. La politique de dérégulation décidée en 2003 et 2008 est démentie par les faits. Nous l’avions dénoncée et aujourd’hui nous refusons de payer pour les erreurs des
Ministres et de la Commission Européenne. Le Conseil Agricole UE du 23 mars ne doit pas attendre une proposition de Commission Européenne pour diminuer le quota laitier européen [2] : la
Commissaire à l’agriculture en effet n’est pas encore sortie d’un aveuglement idéologique que la crise financière a fini de discréditer. L’Union Européenne doit diminuer son quota, établir
des critères pour une redistribution de la production et garantir un prix du lait qui rémunère le travail. Il est important en effet de préserver le maximum de producteurs et de maintenir la
production laitière dans toutes les régions à vocation fourragère. Le Conseil doit annuler la suppression des quotas laitiers prévue pour 2015. Ce n’est pas une nouvelle
« restructuration », comme le propose Mme Fischer Boel, qui résoudra la crise. Les 25 dernières années ont montré que la diminution très importante du nombre de producteurs n’a pas
diminué la production, mais l’a intensifiée et concentrée dans les régions aux plus bas coûts de production, au détriment de la cohésion européenne et du développement rural. Il est urgent pour
l’UE de décourager une production laitière trop intensive dépendante du soja importé[3]. La crise climatique et énergétique impose de donner la priorité aux prairies, qui stockent le
carbone, à une alimentation animale locale et à une production laitière mieux répartie sur le territoire européen, pour être plus près des consommateurs. On peut éviter le désastre, Ã
condition de changer l’orientation actuelle. Le cadre néolibéral de la PAC est périmé. Celui de la souveraineté alimentaire, loin d’être un repli européen protectionniste, est d’abord un changement
de priorités. Retrouvons notre liberté de définir la politique agricole et alimentaire européenne[4] , sans dumping vis-à -vis des pays tiers, et contribuons à résoudre les crises globales en
relocalisant, dans le cas de la production laitière, la production de protéines végétales, et plus généralement en rapprochant les producteurs des consommateurs, aujourd’hui victimes de la
politique actuelle.
Par Confédération Paysanne du Cantal
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Publié dans : communiqué de presse CP15
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