Confédération Paysanne du Cantal
syndicat pour une agriculture
paysanne
et la défense de ses travailleurs
Synthèse des informations sur la Fièvre Catarrhale
données par Denis Fric, vétérinaire au GIE Zone Verte
Le GIE Zone Verte regroupe des vétérinaires recherchant une approche globale des problématiques d’élevage. Ils étudient le cas de la FCO depuis 2006 à partir des données françaises (leur réseau d’éléveurs et les GDS1 notamment) mais aussi des autres pays européens. Voici une brève synthèse de leurs études.
1 - La FCO ne serait pas une « catastrophe sanitaire »
C'est une maladie vectorielle et non contagieuse : plusieurs types de moucherons vecteurs (culicoïdes) transmettent le virus d'un animal à l'autre.
Des chiffres à l’appui :
Les chiffres obtenus chez nos voisins européens montreraient que la BT8 est une maladie peu pathogène sur les bovins et un peu plus sur les ovins:
- Pays Bas (production très intensive) d’après une étude exhaustive à l’échelle du pays sur environ 14 000 foyers : mortalité moyenne de 0,2 vache par troupeau , et 1 ovin par exploitation.
- En Belgique : mortalité 0,2 vache par troupeau. La maladie provoque une baisse de production de lait sur les vaches en début de lactation et des retards de vêlages plus ou moins importants.
La mortalité en France aurait été sur-estimée : on a mis en avant les +23% en Moselle en 2007, or la Creuse a connu +20% de mortalité en 2007 et n’était pas touchée par la FCO : les mauvais fourrages de l’année et les problèmes d’alimentation pourraient être en grande partie responsables...
Certains élevages ont été durement touchés, mais resteraient très minoritaires, les troupeaux fragilisés étant les plus sensibles.
Globalement, il y a peu d'études françaises sur la FCO : cela manque pour mieux connaître la maladie et apprendre à gérer son expansion, alors qu'avec le réchauffement climatique et les échanges commerciaux, d'autres maladies à vecteur risquent fort d'arriver en Europe.
2 - On n'éradiquera pas la FCO, il faut vivre avec.
Il est illusoire de vouloir éradiquer ces insectes culicoïdes :
Ils peuvent parcourir 700 km avec des vents favorables ! On peut en piéger 1 500 000 par nuit; une vache peut recevoir en moyenne 15 000 piqûres en 15 minutes et 1 insecte sur 1000 en moyenne est potentiellement porteur du virus.
Le vaccin n'empêche pas l'animal d'être porteur du virus, pendant la phase virémique. La faune sauvage (chevreuils, etc) constitue aussi un réservoir du virus.
Aucun pays n’a jamais pu éradiquer une maladie virale vectorielle enzootique (localisée). La fièvre catarrhale est une enzootie installée définitivement sur nos territoires (car transmise par des insectes locaux), ce qui signifie que nos élevages vont devoir s’adapter à cette nouvelle donne écologique et vivre avec la « Fièvre Catarrhale Européenne ».
3 - Désinsectisation
Elle a été abandonnée par tous les autres pays européens, et même une étude GDS 2007 reconnaît la faible efficacité de sa protection ! Elle ne peut pas protéger totalement les animaux dans les zones de piqûres des moucherons parce que ces zones ne sont pas protégées par les insecticides : mufle, trayons, pieds, etc.
Les insecticides ont plusieurs effets négatifs : pollution environnementale grave, développement de résistances auprès des autres espèces d’insectes.
4 - Vaccin
Le vaccin contre la FCO peut être utilisé efficacement si l'éleveur estime que son troupeau est trop fragile pour résister à la FCO. Attention cependant à ne pas vacciner un animal malade, car cela peut être encore plus dangereux que la maladie elle-même. Les 2 vaccins à la fois sont déconseillés, surtout en début de gestation. Pour les caprins, il n'existe pas de vaccin possédant une ATU2 ou une AMM3, il est donc actuellement déconseillé de vacciner les caprins.
Ne pas vacciner peut donc être le choix de certains éleveurs qui considèrent leur troupeau en suffisamment bonne santé pour résister à la maladie sans trop de dégâts, plutôt que de devoir le re-vacciner tous les ans (immunité vaccinale de courte durée, nombre de sérotypes toujours croissant).
Celui qui ne vaccine pas n'est pas un danger pour ses voisins puisque la maladie est NON contagieuse. La France est le seul pays à continuer à vouloir la vaccination obligatoire.
5 – Prévention et traitement de la FCO
L’immunité naturelle des cheptels peut être grandement améliorée par des mesures simples : apports alimentaires satisfaisants, notamment en oligo-éléments, cures de chlorure de magnésium, etc. En cas de fièvre, des traitements à base d’huiles essentielles et homéopathie ont été validés avec succès.
En conclusion, le GIE Zone Verte et de nombreux éleveurs du Cantal et de toute la France souhaitent la liberté vaccinale : le choix pour l'éleveur de protéger son troupeau par le vaccin ou par d'autres méthodes.
Pour en savoir Plus : vous pouvez consulter le site du GIE Zone Verte et le dossier consacré à la FCO : http://www.giezoneverte.com/dossier-special-fco.php
Et sur le site de l'AFSSA http://www.afssa.fr/, tapez "dossier fièvre catarrhale ovine" dans le moteur de recherche.
Aurillac, le 16 octobre 2008
1Groupement de Défense Sanitaire
2ATU : Autorisation Temporaire d'Utilisation
3AMM : Autorisation de Mise sur le Marché
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||