Au vu de la situation catastrophique de la filière laitière (prix base très bas et
pas de meilleures perspectives pour 2010), la Confédération Paysanne du Cantal est allée rencontré les 3 principales laiteries du département pour expliquer la situation des producteurs, mieux
comprendre leurs positions et débattre des solutions souhaitables pour sortir tous ensemble de cette crise.
Il nous est apparu que les entreprises ont, tout comme les producteurs, un manque de visibilité pour l'avenir.
La dérégulation du marché ne leur est pas plus profitable car elle les fragilise en terme de négociation avec la distribution. Quant à la contractualisation, qui n'est autre qu'un système
d'intégration similaire à celui des éleveurs de porcs, aucune ne pense qu'elle va régler le problème. Concurrence entre producteurs du Grand Ouest et ceux de montagne, inétanchétité des 2
catégories de lait... Quelle garantie ce système offre-t-il vraiment ? Devant cette crise majeure amenée à durer puisque rien n'est fait, la seule réponse des pouvoirs publics est cette fameuse
contractualisation qui pour nous ne règlera rien. Cet avis est aussi partagé par les laiteries. Cette proposition n'est qu'une tromperie. Après l'accord des 280€, les producteurs se font encore
flouer. On écarte le problème de fond une fois de plus. Il faut maîtriser la production européenne, tout le reste, c'est du « bla bla » !
La Confédération Paysanne du Cantal, confortée dans son analyse, demande aux laiteries, et notamment aux
coopératives censées représenter les éleveurs, de faire entendre leur voix pour la maîtrise de la production. Il faut arrêter de subir. Il est temps d'agir à la fois dans leur intérêt et celui
des paysans. Laisser faire, c'est scier la branche sur laquelle elles sont assises.
Le combat est éminemment politique. Depuis le 14 juillet, nous avons alerté les parlementaires européens lors
d'une action syndicale massive d'ampleur européenne. Si l'Europe veut conserver son autonomie laitière et ses nombreux emplois agricoles, il est indispensable que ses(nos!) responsables
politiques agissent en conséquence. Les possibilités existent. La disparition de la maîtrise n'est pas ineluctable ! Il faut arrêter de laisser croire que le tout-libéral est une fatalité. C'est
un choix.
Marian Fisher Boel, la commissaire européenne de l'agriculture, sera auditionnée par les parlementaires
européens le 1er septembre. Si le parlement refuse majoritairement la suppression de la maîtrise, la commissaire sera forcée de revoir sa copie.
A l'appel de la Confédération Paysanne, les producteurs de lait sont appelés à manifester devant les pouvoirs
publics lundi 31 août. La CP15, quant à elle, sera présente à Rodez devant la Préfecture dès 10h30.