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Une nouvelle baisse du prix du lait accepté par les représentants des producteurs
Une nouvelle fois l'interprofession (CNIEL) qui réunit autour d'une même table la Fédération Nationale des Producteurs Laitier (FNPL, association spécialisée de la FNSEA), la Fédération Nationale des Industries Laitières (FNIL) et la Fédération Nationale des Coopératives Laitières (FNCL) a signé un accord qui conduit de nouveau à une baisse du prix du lait pour le dernier trimestre 2006. Encore 6,88€ / 1000 L de moins pour les producteurs de lait au dernier trimestre. Jusqu'où iront-ils ?
Ils iront, c'est annoncé dans le rapport Trédé remis à l'honneur ces jours-ci car cité lors d'une conférence à l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie de Montpeller, ils iront jusqu'à n'avoir en 2012 plus que 75 000 producteurs de lait, 61 000 « si on est bon » (comprendre si les producteurs se laissent bien restructurer et mettent facilement la clef sous la porte) alors qu'en 2005 on en comptait 107 000 encore et en 2006 : 97 000. Rappelons ici que cette restructuration ne se fait pas au profit des petits producteurs puisque ce sont encore 16% des fermes laitières dont la référence est encore aujourd'hui inférieure à 100 000 L.
Le CNIEL mesure donc sa performance non pas par rapport au niveau de vie, aux conditions de travail des producteurs voire au prix du lait qu'on leur paie mais bien au nombre de producteurs en moins que la politique laitière obtient. En clair : moins les producteurs seront nombreux, moins les industries auront de coûts et plus l'avenir de la filière lait sera rose (d'après eux). Ce qui est incompréhensible, c'est que même les producteurs (représentés seulement par la FNSEA dans cette instance alors qu'ils s'aquittent tous de la fameuse cotisation volontaire obligatoire) SIGNENT ces accords !
Moins de producteurs, ça veut quand même dire augmentation des coûts pour ramasser leur lait (surtout dans nos zones montagneuses). C'est pourquoi on fait des accords de collecte. Même si sur le fond du problème (à savoir la réduction des coûts du transport, l'économie d'énergie fossile), on ne peut guère être opposé au principe des accords de collecte; on peut néanmoins s'interroger sur leur mise en place : les accords entre entreprises se limitent-ils à la collecte ? Les producteurs sont-ils toujours libres de changer de laiterie si bon leur
semble ? Comment peuvent-ils savoir où va leur lait, et ce qu'on en fait ?
Ces accords de collecte seraient, semble-t-il plus justifiés s'il existait une véritable segmentation des produits : un lait produit selon un vrai cahier des charges avec des contraintes de production serait légitimement l'objet d'une collecte à part, etc.
D'autant que la réduction du nombre de producteurs fait peser une ombre inquiétante sur le Cantal : les entreprises, accord de collecte ou pas, vont-elles continuer à collecter tous les producteurs ? Quelle marge de manoeuvre les producteurs qui ne seront pas sur les lignes principales auront si on leur dit bientôt qu'aucune laiterie ne veut payer les frais de leur collecte ?
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Mise en place d'un observatoire de la filière laitière dans le Cantal
Serge Balthazar, porte parole de la CP15 et Alain Lafon, responsable de la commission lait CP15 ont assisté lundi 2 octobre à la première réunion de l'Observatoire de la filière lait départemental mis en place dans l'urgence par le préfet suite à une manifestation de la FDSEA en septembre. Suite à cette première réunion, la Confédération paysanne s'interroge fortement quant à sa participation aux prochaines réunions de cette nouvelle instance.
Lors de la séance du 2 octobre, la présentation des statistiques par la DDAF pouvait redonner une perspective d'ensemble sur la filière lait bien qu'on puisse regretter qu'elle ne prenne en compte que le prix moyen PAYE aux producteurs (donc prenant en compte leurs efforts notamment en terme de qualité) et non pas le prix de base (qui relève, lui, des accords interprofessionnels).
Mais s'agissant des discussions qui ont suivi par rapport, par exemple, au lait à dégager pour la redistribution ou encore au sujet des Aides à la Cessation d'Activité Laitière (ACAL), il existe, nous semble-t-il, une instance officielle pour traiter de ces sujets : la Commission Départementale d'Orientation Agricole (CDOA). Nous rappelons ici que, contrairement à nos opposants syndicaux qui s'agitent en tout sens pour trouver le financement aux ACAL, nous sommes opposés à ce système qui pousse les producteurs vers la sortie.
Quand à l'AOC Cantal et la révision de son cahier des charges, il semble assez peu approprié d'en appeler au préfet pour résoudre ce problème : le Comité Interprofessionnel des Fromages (CIF), où les seuls producteurs habilités à siéger sont les membres de la FDSEA, est l'instance qui travaille à la révision du cahier des charges depuis une dizaine d'année et l'INAO1 est un organe souverrain qui décide de la validation des cahiers des charges en fonction de règles préétablies, et surtout en fonction de l'intérêt des producteurs et de la crédibilité des AOC en général. La Confédération paysanne juge inadmissible toute vélléité de faire pression sur l'INAO pour que le cahier des charges soit validé à la fin de l'année (comme par hasard avant les élections Chambres). Nous nous étonnons d'ailleurs que la Chambre organise des formations pour se mettre en conformité avec le nouveau cahier des charges quand celui ci n'est pas encore validé !
Faire appel au préfet pour le prix du lait est tout aussi incohérent, puisque, on l'a vu, la FNSEA est le seul syndicat agricole accepté dans l'interprofession laitière et qu'elle signe volontiers les accords à la baisse. D'ailleurs, lorsqu'un responsable de la Confédération paysanne du Cantal avait interpellé à ce sujet le Ministre de l'agriculture lors de sa venue l'an dernier à St Mary le Plain, c'est bien ce que Dominique Bussereau avait répondu : le prix du lait regarde seulement l'interprofession.
Ainsi, on voit que la FNSEA s'enlise dans son double discours, appelle à l'aide le préfet (qui en l'occurence répond en créant une nouvelle instance dont on ne sait pas le cadre juriridique : est-elle consultative ? Décisionnelle ? Comment ont été choisis les
participants ?). Ses revendications manquent d'ailleurs singulièrement d'ambition : avance des aides (mais quid de leur répartition inéquitable ?), une ligne AOC sur la paie de lait (une réelle AOC ne mériterait-elle pas une paie différente à part entière ?), etc. En bref, le syndicat majoritaire a voulu privatiser les décisions en créant des interprofessions dont tout autre syndicat est exclu, s'attaque souvent à l'administration et veut le moins possible de régulation par l'Etat mais, finalement, l'appel à l'aide... C'est un réel aveu d'impuissance qu'il fait à cette occasion.
Nous avons écrit récemment au préfet en lui exposant notre désaccord sur l'ensemble de ces sujets et la tenue d'une telle réunion qui se surajoute aux autres instances sans réelle utilité.
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Les revendications de la Conf pour la filière lait de vache
Pourtant, il nous semble à la Confédération paysanne que l'avenir n'est pas désespéré, à condition de redresser la barre dès aujourd'hui. C'est pourquoi nous revendiquons de :
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Maîtriser et répartir la production laitière
Des outils d'intervention publique sont encore disponibles et doivent être utilisés. Il faut :
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refuser d'augmenter le quota national comme le proposent les accords du Luxembourg
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limiter les volumes d'allocations provisoires : en effet, si on plafonne les prêts par poucentage (10% dans le Cantal en général) ce sont encore les grosses exploitations qui en profitent. (par exemple une exploitation avec 500 000 L de quota aura un prêt de 50 000 L quand une petite exploitation de 100 000L, qui en a le plus besoin pour son revenu, en obtiendra seulement 10 000L). limiter les volumes des allocations provisoires à 15 000 L par exploitation semble une bonne option.
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conforter les plus petites exploitations en les rendant concrètement prioritaires dans la redistribution laitière.
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Retrouver le prix du lait de 2001 (revalorisé en tenant compte de l'inflation)
Dans un contexte de maîtrise des marchés à laquelle contribuent les producteurs, la baisse du prix du lait est intolérable. En 2005, si le prix du lait à la production avait suivi le cours de l'inflation depuis 2001, il aurait dû être de 331€/1000L (et non pas de 277€), il manque
54€/1000L, qui n'ont pas été compensés : l'aide directe laitière (ADL) de 24 €/1000L n'a couvert que 40% de cette différence.
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Dans les instances nationales de concertation, tous les producteurs doivent être représentés pour que leurs intérêts soient défendus.
Tous les producteurs de lait cotisent à l'interprofession laitière (mais sans y être représentés). Il est nécessaire de rappeler que la FNPL ne représente qu'un producteur de lait sur 2. Les producteurs de lait de l'ensemble du territoire ne se retrouvent pas dans les accords à la baisse du prix du lait du CNIEL. Il devient flagrant que les décisions prises à l'Office de l'élevage sont influencées par le résultat de négociations entre les représentants nationaux de l'interprofession. La Confédération paysanne, forte d'une représentativité de près de 28 % des paysans, et notamment des producteurs de lait, revendique le fonctionnement démocratique de l'interprofession. Elle demande à participer aux négociations de l'interprofession sur le prix du lait, l'organisation et la gestion de la filière.
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Paysannes, paysans, reprenons notre avenir en main
Ces revendications ne sont pas utopistes. Les producteurs de lait doivent reprendre leur avenir en main. Nous leur proposons comme premier pas de venir débattre autour de la problématique laitière et notamment du prix du lait les 30 (à St Mamet, salle polyvalente, 14h30) et 31 (à Talizat, 10h, salle des fêtes) octobre prochain. Jean-François Rames, économiste au CNIEL, présentera en introduction les mécanismes actuels de fixation du prix du lait et Josian Palach représentant national de la Conf' à l'ex-ONILAIT (aujourd'hui Office de l'élevage) développera les propositions de la Conf' pour la filière lait de vache.
Parce qu'il s'agit de la reconnaissance de notre travail, de notre droit au revenu, de la valorisation de notre lait et de nos produits, la Confédération paysanne du Cantal appelle les producteur à venir nombreux pour débattre de notre avenir les 30 et 31 octobre à St Mamet ou Talizat.
C'est aussi le sens de la mobilisation pour le droit au revenu qui se tient le 27 octobre à Vienne en Isère à l'occasion du procès de Jean-Emile Sanchez concernant des actions syndicales pour le revenu des producteurs de lait menées l'an dernier en Rhône-Alpes.
1Institut National des Appellations d'Origine
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