La mobilisation a permis de sérieuses avancées : les discours changent et une réunion
extraordinaire des ministres de l'agriculture de l'UE a été fixée le 5 octobre. La libéralisation du marché du lait n'est plus une évidence. Ceux qui disaient que tout était fixé, décidé, peuvent
voir qu'en ne se laissant pas faire, les changements sont encore possibles. Cependant, les mesures concrètes doivent maintenant arriver rapidement.
La Confédération Paysanne du Cantal a interpellé les maires et le Conseil Général en
leur proposant de voter une motion. Plusieurs l'ont fait. Mais il ne s'agit pas simplement de se donner bonne conscience ; les élus doivent s'engager à porter leur motion jusqu'au ministre. Quant
aux élus à responsabilité nationale, nous en attendons plus qu'une délibération municipale : ils doivent s'impliquer beaucoup plus fortement, c'est l'avenir de notre département qui est en jeu
!
La CP15 se félicite de ces premières motions votées, mais il faut rester extrêmement
vigilant que le sens des mots ! Que met-on derrière le mot régulation ? Est-ce une régulation du marché, en aval ? De la production, en amont ? Les 20 pays les plus engagés demandent seulement la
régulation du marché sans régulation de la production ; est-ce suffisant ? C'est pour éclaircir ces détails qui n'en sont pas que la CP15 organise 3 réunions à destination des maires et de leurs
conseillers municipaux, ce soir à Aurillac, mardi à Mauriac et jeudi à St Flour. Il faut qu'un maximum d'élus fassent pression sur le ministre pour qu'il défende le 5 octobre des mesures
réellement efficaces pour les producteurs et acceptables par les autres pays européens.
Des mesures efficaces :
La Confédération Paysanne du Cantal revient aujourd'hui devant le Conseil Général ; elle
se félicite du débat occasionné vendredi 18 septembre et prend acte de la demande d'adaptation offre – demande au niveau européen, indispensable pour une augmentation et une stabilisation du prix
sur la durée. Par contre, cette délibération reste floue quant à l'urgence de la situation. Là encore, ne jouons pas sur le sens des mots. La situation est grave. Il va de soit que quand la CP15
parle d'une baisse des volumes, elle ne concernerait pas les plus petits producteurs (< 150 000 L par exemple). Il s'agit par contre d'un outil vraiment efficace et rapide pour faire remonter
le prix du lait.
Des mesures acceptables :
Les pays européens qui ont refusé les dernières propositions franco-allemandes avaient
au moins une bonne raison de le faire : épargner leur porte-monnaie. En effet, vouloir réguler le marché en aval, sans maîtriser la production en amont, à grand coup de subventions pour compenser
des prix bas, revient relativement cher. A l'inverse, maîtriser la production en amont permet une stabilité du prix et ne coûte rien !
Convaincue que la réponse est politique, la Confédération Paysanne du Cantal continue et
continuera à interpeller les élus tant que les propositions du ministre Bruno Le Maire ne préciseront pas clairement :
1- La maîtrise publique européenne de la production accompagnée d’une répartition
équitable entre tous les producteurs ;
2- La nécessité d’utiliser urgemment l’outil quota laitier pour diminuer la
production européenne en ne pénalisant pas les petits producteurs ;
3- Le retrait d'une partie des stocks du marché ;
4- L'activation de mesures de protection au niveau des frontières
européennes.
Dans l’urgence au niveau national, une hausse conséquente du prix du
lait au 4ème trimestre 2009 doit
être décidée sous l’égide du ministère avec l’ensemble des organisations agricoles représentatives.
Ce n’est pas de prêts bancaires dont ont besoin les paysans mais d’un
revenu !
Aurillac, le 28 septembre 2009